syncrétisme
Je reviens sur cette toile et surtout sur son titre final. Dans ce tableau. Je souhaitais "parler" d'une similitude opposée. Euh oui déjà, le sujet est particulier. Deux identiques différents mais sans aucun rapport avec le noir et le blanc ou le ying et le yang mais plutôt comme des jumeaux séparés et à nouveau réunis. Ce rapprochement gémellaire inattendu provocant la tentative de fusion de l'un vers l'autre.Un titre me venait à l'esprit : dualité gémellaire. Rapidement, je n'ai pas aimé ce côté combatif, où le vainqueur aurait absorbé le vaincu par son emprise supérieure. J'ai observé longuement ce tableau pour le comprendre d'une autre façon.
Les spirales qui s'enroulent les unes aux autres n'ont pas de connotation d'absorption, je les avais juste mal interprétées.
Ces jumeaux s'unifient tout simplement.
Etant d'accord avec moi-même, unification ne faisait pas un bon titre. Pas assez représentatif de ce message complexe. J'ai déjà du mal à vous l'expliquer ... Je recherche ses synonymes : fusion, mélange, oecuménisme, union, éclectisme ... Bof, c'est pas causant.
Et je tombe sur syncrétisme. Un mot totalement absent de mon vocabulaire et jamais entendu nulle part. Celui-là sonne bien mais que veut-il dire en fait? Colle-t'il expressivement?

Je sors le dico et je me délecte. Sa définition dit ceci :
Extraits
PHILOS., RELIG.
A. − 1. Fusion de différents cultes ou de doctrines religieuses; en partic., tentative de conciliation des différentes croyances en une nouvelle qui en ferait la synthèse. (note : on s'en approche) Synon. œcuménisme. La croyance des Druses n'est qu'un syncrétisme de toutes les religions et de toutes les philosophies antérieures (Nerval, Voy. Orient, t. 2, 1851, p. 151). Le syncrétisme fleurit au Brésil, où Roger Bastide a décrit les survivances islamiques et fétichistes, dans un peuple officiellement chrétien (Philos., Relig., 1957, p. 44-7).
2. [Notamment dans l'Antiquité gréco-romaine] Combinaison plus ou moins harmonieuse d'éléments hétérogènes issus de différentes doctrines philosophiques ou visions du monde. (note : effectivement) Anton. éclectisme. Ce syncrétisme aveugle qui perdit l'école d'Alexandrie, et tentait de rapprocher forcément des systèmes contraires (Cousin, Vrai, 1836, p. 10).
3. P. anal., notamment dans le domaine de la sociol., de l'anthropol. culturelle. Mélange, fusion d'éléments de plusieurs cultures ou de différents systèmes sociaux. (note : c'est exactement ce que je voulais dire) Ce vaste état de syncrétisme auquel, pour son malheur, l'américaniste semble toujours condamné à se heurter, dans sa recherche des antécédents historiques de tel ou tel phénomène particulier (Lévi-Strauss, Anthropol. struct., 1958, p. 299). Loin de moi, l'idée que les structures sociales soient analogues de part et d'autre [en Russie et aux États-Unis], et que les systèmes doivent se réconcilier dans une sorte de syncrétisme où leurs ressorts propres s'affaibliraient (Univers écon. et soc., 1960, p. 69).
B. − P. anal. Confusion, rencontre fortuite d'idées, d'actes, union indéfinie de l'homme avec le monde. Les livres où l'auteur de Bacchus cherche des évocations étranges, des rapprochements inattendus, des syncrétismes hardis? (Tharaud, Maîtr. serv., 1911, p. 11). L'Orient oppose à nos désirs de clairvoyance, d'individualisme, de réconciliation avec le monde à travers la personnalité, un syncrétisme, une indétermination, un débrouillage insuffisant des individualités dans la masse amorphe de ce qui est (Barrès, Cahiers, t. 13, 1921, p. 153).
(note : en plein dedans, je touche LE point important du message)
− P. méton.
♦ Être ou objet qui résulte de cette rencontre, de cette union. L'homme, syncrétisme de la création, point d'union de toutes les virtualités physiques, organiques, intellectuelles et morales manifestées par la création (Proudhon, Syst. contrad. écon., t. 1, 1846, p. 351). Sans l'Europe et ses instruments d'orchestre l'Amérique du Nord n'eût pas non plus vu naître le jazz, cet étrange syncrétisme entre des mains plus ou moins noires des « mélodies » du monde moderne (Schaeffner, Orig. instrum. mus., 1936, p. 353). (note : oui, oui, voilà voilà)
♦ Rare. Pouvoir d'unir, de rassembler des êtres et des objets. V. agglomérer ex. 21.
C. − [Chez Renan] Première vue générale, compréhensive, obscure de la vie dans sa complexité, sa confusion, caractéristique de la vision de l'homme primitif ou de celle de l'enfant. La loi régulière du progrès, prenant son point de départ dans le syncrétisme, pour arriver à travers l'analyse, qui seule est la méthode légitime, à la synthèse, qui seule a une valeur philosophique (Renan, Avenir sc., 1890, p. 159).
− PSYCHOL. [Chez E. Claparède, H. Wallon, J. Piaget] Stade primitif de la vision enfantine caractérisé par une appréhension globale, indifférenciée, du monde extérieur et de ses relations avec lui. Il y a donc, [dans la pensée de l'enfant] non déduction, mais juxtaposition et syncrétisme, avec absence de multiplications et d'additions logiques systématiques (J. Piaget, La Causalité physique chez l'enfant, Paris, Alcan, 1927, p. 329). (note : et bien, c'est la cerise sur ce drôle de gateau)
(source de la définition complète)

En guise de conclusion et pour l'anecdote, lorsque j'ai pris connaissance de ce nouveau mot inconnu, tout de suite j'ai pensé à un mixe surnaturel entre :
- synchronicité et crétinisme

Mais où donc mon imagination va se nicher parfois hein ?
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