le carmel de Pontoise
C'est le plus ancien carmel encore en activité. Il se situe au 55 rue Pierre de Coubertin à Pontoise. Le portail en bois est largement ouvert et je me tortille le cou à la recherche de panneau m'autorisant à y pénétrer.
Une dame, tout sourire, m'invite à entrer, me demande de l'attendre dans la cour le temps d'aller chercher les clés pour m'ouvrir la chapelle ... Bigre, je me suis retournée voir si elle ne s'adressait pas à quelqu'un d'autre.
![]() | Ses superbes bâtiments, datant du début du XVIIe siècle, sont intacts. On trouve dans le carmel un témoignage du génie hydraulique du Moyen-Âge, l’ancien cours de la Viosne dévié pour alimenter en eau une partie du Centre Ville. L’ordre religieux du Carmel est né en Espagne. Au début du XVIIe siècle, Barbe Acarie décide d’installer le Carmel en France. Le 18 octobre 1604, le premier Carmel de France est fondé à Paris et dès le 15 janvier 1605, Madame Acarie fonde le Carmel de Pontoise. Pontoise est alors en train de devenir, à travers ses multiples fondations religieuses (Carmélites, Jésuites en 1604, Ursulines en 1611, Bénédictines anglaises en 1658), l’une des villes phares de la Contre-Réforme. Le Carmel de Pontoise est, à l’époque, situé au 15 rue Marcel Rousier, dans la maison d’un particulier, où une plaque l’indique encore. Le Carmel de Pontoise, restauré à deux reprises, est désormais le plus ancien Carmel de France encore en activité. Il abrite un jardin de deux hectares propice à la méditation et au recueillement, uniquement ouvert aux Carmélites (source voir aussi le wiki). |
La voilà qui revient à petits pas et me chuchote que je peux prendre tout le temps qu'il me sera nécessaire au recueillement. "ici, vous serez tranquille, personne ne peut y entrer pendant que vous serez à l'intérieur, à part moi qui ai les clés". Ah? Je souris de cet imprévu, m'aurait-elle prise pour quelqu'un d'autre?
Je pénètre dans cette petite chapelle, seule et ravie de l'invitation. Ce qui me frappe c'est son calme appaisant, une telle atmosphère mystique que j'en suis toute retournée. J'oserai même dire qu'une présence bienfaisante flotte sur ces lieux. Je me laisse aller à la contemplation et je m'enhardis à prendre quelques clichés.
Détail d'un vitrail à gauche et d'une scène sur plaque de cuivre à droite
Les 12 carmélites qui vivent ici sont coupées du monde par choix religieux et assistent à l'office derrière cette porte en verre.
| Introductrice, en 1604, de la réforme de sainte Thérèse en France, Mme Acarie (1566-1618), soeur Marie de l'Incarnation, vient finir ses jours au carmel de Pontoise en 1616. Devant sa réputation de sainteté, Michel de Marillac se propose de faire édifier un mausolée pour lequel la reine Marie de Médicis offre le marbre. Le 24 juin 1626, ce mausolée est commandé pour 6 800 livres à Francesco Bordoni (1580-1654), sculpteur ordinaire de Louis XIII, par la mère Jeanne de Jésus Séguier, soeur du chancelier. Il est dédoublé afin d'être vu du côté des fidèles, dans l'église, et du côté de la chapelle accessible aux seules carmélites. Il comporte donc deux statues, qui échappent à la destruction du mausolée en 1793, et qui sont placées, l'une au carmel de Créteil et l'autre au carmel de Pontoise. Mme Acarie est béatifiée par Pie VI le 5 juin 1791. Les reliques de la bienheureuse Sœur Marie de l'Incarnation sont restituées au Carmel le 7 mai 1822. Dans l'ancienne infirmerie, transformée en oratoire en 1639, sont conservés le lit et la paillasse sur laquelle elle est morte, ainsi qu'un tableau de l'école française, André Duval administrant l'extrême-onction à Marie de l'Incarnation, et une statue de Vierge à l'Enfant en bois polychrome, l'ensemble datant du XVIIe siècle. La bienheureuse Sœur Marie de l'Incarnation est invoquée spécialement pour les futures mamans et les naissances difficiles. (sources ICI et LA ) | ![]() |
Du silence : "Que chacun pèse donc ses paroles et mette un frein à sa bouche de peur qu'il ne glisse et tombe à cause de sa langue et que sa chute ne soit incurable et mortelle [voir Si 28, 29-30]" extrait des règles du carmel (source). Pour connaître l'histoire peu banale de Mme Acarie, dite la Bienheureuse Soeur Marie de l'Incarnation, je te conseille cette lecture.
Puis ma vie a repris son cours en refranchissant le portail. Grâce au net, j'ai découvert l'histoire de ce carmel complètement inconnu alors que ça fait 25 ans que je réside dans le coin .... comme quoi, parfois il faut oser pousser la curiosité !





