manureva

Publié le par Lilibeth

La disparition d'Alain Colas à bord de son bateau "Manureva" a un petit goùt de légende et de mystère. J'ai eu envie de faire cet article ce soir après avoir réentendu la chanson qui est magnifique.

Même l'histoire de ce navigateur est étonnante :

Maître de conférences, à 22 ans, à St John’s College, université de Sydney en Australie où il enseigne le français.

Passionné de canoë-kayak, il est à l'origine de la naissance du club de Clamecy. En Australie, il passe à la vitesse supérieure en découvrant la voile et la passion de la course au large.

Un an plus tard, en 1966, il rencontre Éric Tabarly, qui dispute la course Sydney-Hobart. Ce dernier lui propose d’embarquer à son bord, sur Pen Duick III, en tant que cuisinier, pour un périple jusqu’à la Nouvelle-Calédonie.

Pour Alain, l’appel du large sera plus fort qu’un avenir d’universitaire tout tracé. Il rejoint Tabarly qui prépare, pour la Transatlantique en Solitaire de 1968, un multicoque expérimental géant : Pen Duick IV. Alain fera toute la saison de course 1968-1969 avec Tabarly. Il apprend le métier de marin de course au large et devient journaliste de ses aventures maritimes. En 1970, il rachète à Tabarly le trimaran Pen Duick IV.

C’est à Tahiti qu’il rencontre sa compagne, Teura, avec laquelle il aura 3 enfants. Pour financer son aventure, il raconte ses voyages dans la presse européenne.

En 1972, sur Pen Duick IV, il remporte la cinquième Course Transatlantique Anglaise en solitaire en pulvérisant, à Newport, le record de l’épreuve. La France se découvre un héros sympathique au parcours original.

Il annonce son prochain objectif : le premier tour du monde en solitaire en multicoque avec Pen Duick IV rebaptisé « Manureva » « L’oiseau du voyage » en tahitien. Alain Colas franchit le Cap Horn le 3 février 1974. Il battra de 32 jours le record du Tour du monde en solitaire détenu par Sir Francis Chichester, en monocoque, et sera le premier marin à réussir ce pari fou.

En 1975, il conçoit et met en œuvre la construction d’un voilier de quatre mâts et 75 mètres de long, à la pointe de la technologie, pour la Transat anglaise en solitaire de juin 1976. C’est le gigantesque « Club Méditerranée ».

Cette même année 1975, à un an du départ, sa cheville est complètement sectionnée par un cordage de Manureva. Vingt deux opérations plus tard, l’homme et le bateau sont au départ à Plymouth.

De terribles tempêtes (cinq dépressions se suivront en Atlantique nord) entraînant des ruptures drisses plus une fausse annonce de l’arrivée d’un voilier de la course près des côtes américaines lui font décider d’une escale technique de 36 heures à Terre-Neuve. Il arrivera second à Newport, 4 heures après Éric Tabarly.

En 1976, il parraine la 8e Course Croisière Edhec, qui a lieu du 28mars au 3 avril 1976 à Perros-Guirec et Guernesey. Il écrit alors dans son style unique "je suis heureux de saluer cette nouvelle édition de la Course Croisière EDHEC qui traduit l'esprit d'entreprise et la détermination d'une équipe homogène et donne à un nombre grandissant l'occasion de goûter aux joutes du large. La voile sait être à la fois compétition, loisir, passion; c'est une manière d'auberge espagnole où un merveilleux banquet serait dressé à tout instant pour qui en pousse vigoureusement la porte, son sac sous le bras."

En 1978, il participe à sa dernière course, celle qu’il ne gagnera jamais : sur son « vieux » Manureva, il prend le départ de la première Route du Rhum. Son dernier message sera le 16 novembre 1978 à 4h du matin : « Je suis dans l’œil du cyclone. Il n’y a plus de ciel, tout est amalgame d’éléments, il y a des montagnes d’eau autour de moi... » Il était en tête mais la tempête qui se déchaîne les jours suivants aura raison de ce marin d’exception.

Contrairement aux multicoques classiques dont les matériaux de construction sont insubmersibles ou flottent entre deux eaux en cas d'accident sérieux (structure nid d'abeille, composites), Manureva était un multicoque submersible conçu en AG4 (aluminium) ce qui ne permit pas de retrouver le moindre indice ou reste matériel du navire qui aurait pu dériver.

Ce drame inspira Serge Gainsbourg qui écrivit en 1979 les paroles de la chanson «Manureva» et Alain Chamfort en composa la musique

Alain Colas a su faire évoluer son sport grâce à son intelligence, en développant à bord de Club Méditerranée une sorte de laboratoire météorologique, en sachant utiliser les sponsors afin d'évoluer techniquement, et en écrivant de nombreux articles et de nombreux livres dont Un tour du monde pour une victoire et Cap Horn pour un homme seul. Dans ce dernier ouvrage, il écrit, au sujet d'une anecdote familiale, " c'est depuis ce jour que j'ai su qu'il fallait réaliser ses rêves". Alain Colas n'abandonnait jamais.

Source



et les paroles pour fredonner

Manu Manuréva
Où es tu Manu Manuréva ?
Bateau fantôme toi qui rêvas
Des îles et qui jamais n'arrivas
Là-bas

Refrain
Où es-tu Manu Manuréva ?
Portée disparue Manuréva
Des jours et des jours tu dérivas
Mais jamais jamais tu n'arrivas
Là-bas

As-tu abordé les côtes de Jamaïca
Oh ! héroïque Manuréva
Es-tu sur les récifs de Santiago de Cuba
Où es-tu Manuréva ?
Dans les glaces de l' Alaska
A la dérive Manuréva
Là-bas

As-tu aperçu les lumières de Nouméa
Oh ! héroïque Manuréva
Aurais-tu sombré au large de Bora Bora
Où es-tu Manuréva ?
Dans les glaces de l'Alaska

Refrain
Où es-tu Manu Manuréva ?
Portée disparue Manuréva
Des jours et des jours tu dérivas
Mais jamais jamais tu n'arrivas
Là-bas

Manuréva pourquoi ?

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ALLARD daniel 08/05/2012 16:56


alain colas est entré dans la légende, malheureusement comme beaucoup d'autres grand navigateurs. et, quand j'entends cette chanson qui me rappelle plein de souvenirs ,j'en ai la chaire de poule.
j'ai eu le grand plaisir de rencontré teura colas et de parler longuement d'alain ,elle en parle avec une grande admiration et facination. j'avais ,lors de sa venue dans le port du havre ,la
chance de voir le club med, c'était presque impenssable qu'un homme seul puisse maitriser ce merveilleux voilier .j'ai pu aussi grasse a teura visiter le phocéa a monaco.si quelqu'un croise teura
qu'il la salut bien de la part d'aladin

Maeva 15/11/2009 08:05


Iaorana Lili,

Je voulais te dire que Teura Colas est ma voisine et une grande amie de ma mére, et de mon jardin au bords de mer ,je peux voir tous les jours les deux cocotiers qu 'Alain Colas a planté il ya
plusieurs années et qui symbolisait  un toi et moi local ( Teura et Alain).Cette chanson est vraiment belle ...Bisous...Maeva.


Lilibeth 15/11/2009 13:06



Iaorana Maeva,

Le monde est petit ...
Joli symbole que ces 2 cocotiers qui resteront côte à côte de longues années encore.
(Ce n'est qu'à la rédaction de l'article que MANUREVA m'est apparu comme tahitien lol.)

Gros bisous ma tite soeur des îles



Bk62 12/11/2009 23:39


Quand je lécoute , c'est une chanson qui m emporte , alors que je n ai pas suivi la tragédie vu mon age à l'époque . Mais en tout cas elle a le don de me parler


Lilibeth 13/11/2009 11:29


La chanson est un art mineur comme aimait à le répéter Gainsbourg. Pourtant, certaines nous donnent des sensations et d'autres de bons souvenirs. Toutes les musiques sont importantes au quotidien,
enfin c'est mon avis. Et puis grâce à ta playlist, manureva est scotchée dans mon blog.... la la la