les oiseaux de passage

Publié le par Lilibeth

oiseaux_passage.jpg(photo statue Jeanne d'Arc - Parc de l'église saint Pierre - Neuilly sur Seine)

 

Ô vie heureuse des bourgeois
Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle,
Ils sont fiers et contents

 

Ce pigeon est aimé,
Trois jours par sa pigeonne
Ça lui suffit il sait
Que l'amour n'a qu'un temps

 

Ce dindon a toujours
Béni sa destinée
Et quand vient le moment
De mourir il faut voir

 

Cette jeune oie en pleurs
C'est là que je suis née
Je meurs près de ma mère
Et je fais mon devoir

 

Elle a fait son devoir
C'est a dire que Onques
Elle n'eut de souhait
Impossible elle n'eut

 

Aucun rêve de lune
Aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs
Sur un fleuve inconnu

 

Et tous sont ainsi faits
Vivre la même vie
Toujours pour ces gens là
Cela n'est point hideux

 

Ce canard n'a qu'un bec
Et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir
Ou bien d'en avoir deux

 

Ils n'ont aucun besoin
De baiser sur les lèvres
Et loin des songes vains
Loin des soucis cuisants

 

Possèdent pour tout cœur
Un viscère sans fièvre
Un coucou régulier
Et garanti dix ans

 

Ô les gens bien heureux
Tout à coup dans l'espace
Si haut qu'ils semblent aller
Lentement un grand vol

 

En forme de triangle
Arrivent planent, et passent
Où vont ils? ... qui sont-ils ?
Comme ils sont loin du sol

 

Regardez les passer, eux
Ce sont les sauvages
Ils vont où leur désir
Le veut par dessus monts

 

Et bois, et mers, et vents
Et loin des esclavages
L'air qu'ils boivent
Ferait éclater vos poumons

 

Regardez les avant
D'atteindre sa chimère
Plus d'un l'aile rompue
Et du sang plein les yeux

 

Mourra. Ces pauvres gens
Ont aussi femme et mère
Et savent les aimer

Aussi bien que vous, mieux

 

Pour choyer cette femme
Et nourrir cette mère
Ils pouvaient devenir
Volailles comme vous

 

Mais ils sont avant tout
Des fils de la chimère
Des assoiffés d'azur
Des poètes des fous

 

Regardez les vieux coqs
Jeune Oie édifiante
Rien de vous ne pourra
monter aussi haut qu'eux
(2x)

 

Et le peu qui viendra
d'eux à vous
C'est leur fiente
Les bourgeois sont troublés
De voir passer les gueux

 

Paroles : Jean Richepin. Musique : Georges Brassens

 

 

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Renée 19/07/2012 16:49


de très beau mots avec Brassens encore mieux accompagné. Bisous

mathieu mth 06/07/2012 19:10


Très beau ce poème et j'aime la chanson de Brassens  bonne soirée  bisous  MTH