
Il fût un temps, révolu, où je faisais de la photo. Cela m'a aidé à passer un
cap pire que les 40èmes rugissants, c'était ma quarantaine tout juste sonnée. L'objectif remplaçait mon oeil et les images, mes émotions. Rien d'écrit et tout décrit le temps d'un cliché. De cette
époque, il ne m'en reste que quelques mauvaises copies. Il y a eu cambriolage où les originaux ont été emportés dans les disques durs ainsi dérobés. Trois ans de vie photographique, c'est pas rien
... ce qui a stoppé net l'envie de continuer. Il y a un temps pour tout et je suis passée à autre chose.
Dans cette époque troublée, le bonheur devait trouver définition. Simple et complexe à la fois, nous sommes tous à ses trousses. On le fuit quand il se profile et pleure quand il nous échappe.
Lorsque j'ai pris ces clichés, il était trop tôt pour vivre le bonheur et cela ne m'intéressait pas plus. Seule une définition cohérante éclairerait peut être vers quoi je pourrais prétendre par la
suite.
Parfaite abstraction d'un sentiment sur une définition lettre à lettre. Jouant le jeu de l'objectivité par le biais d'un objectif, les pommes se prêtaient bien à cette comédie.
B comme BEAUTE
le reflet et le face à face, la différence et la complémentarité
O comme OFFRANDE
offrir un coeur à coeur, échanger le meilleur de soi
N comme NAISSANCE
renaître sous un bel aspect, s'ouvrir au changement et l'accepter humblement
H comme HARMONIE
suivre la partition en rythme, se laisser aller à la transformation
E comme EMOTION
lâcher prise, tout devient si simple
U comme UNION
s'accepter différent, intégrer un nouveau concept
R comme RICHESSE
être unique, être multiple, seul et pluriel
Voilà ma définition imagée telle qu'elle s'est présentée à ce moment là. Les photos sont intemporelles tout comme le bonheur. Je ressors ce dossier poussiéreux que l'on ne pourra pas nommer
acrostiche, le poème n'existe pas.
Vos traces